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Delain enchaîne les albums, les tournées et les EP à un rythme soutenu. Du coup, le groupe est toujours plus ou moins dans le feu de l'actualité. C'est peut-être aussi ce qui fait que sa popularité ne cesse de croître.
Le dernier album en date, The Human Contradiction, était vraiment sacrément bien fichu, je dois dire que j'avais un peu hâte de voir ce que les Néerlandais étaient capable de nous offrir cette fois-ci.
Notons que depuis ce dernier album, le groupe est passé à deux guitares avec l’arrivée de Merel Bechtold, mais cela n’a pas eu une grande incidence sur le son du groupe, comme on a pu le constater sur le EP sorti en février, Lunar Prelude.
Alors, ce nouvel album ? Dans la lignée du EP, assez consensuel, ou plus heavy ?

En tout cas, ce nouveau cru démarre très fort avec Hands Of Gold, aux orchestrations monstrueuses, qui commence l'album comme le dernier s'est terminé, avec un duo Charlotte / Alissa White-Gluz (Arch Enemy). Et tout comme The Tragedy Of The Commons ou le morceau d’ouverture de The Human Contradiction, Here Come The Vultures, ce titre est excellent et je constate que Delain devrait tenter plus souvent des morceaux de cette trempe car il les réussit très bien, plutôt que des titres un peu trop simples et téléphonés, flirtant parfois avec la pop, qui sont sympas mais pas aussi géniaux. Le titre est bien heavy, Charlotte se laisse aller à quelques intonations plus agressives qui lui vont bien.
Les grosses orchestrations de plus en plus Nightwishiennes, c'est aussi ce qui caractérise le titre suivant, The Glory And The Scum, dont le refrain est peut-être moins percutant que sur le premier morceau mais dont la rythmique bien puissante le classe aussi dans ce que le groupe fait de plus heavy. On perçoit également l’apport de la seconde guitare, avec rythmique et solo.


Dans ce registre plus heavy, on peut compter également Fire With Fire (préparez-vous pour reprendre tous en chœur les "hey hey hey" en concert) et Pendulum avec ses gros "Faster!" bien puissants qui ponctuent le refrain.
Le single Suckerpunch que tout le monde connaît sûrement déjà, puisque sorti au mois de février sur le EP et en vidéo, fait le boulot. Danse Macabre, The Hurricane et Turn The Lights Out (second titre déjà connu puisque lui aussi sur le EP) entrent également dans ce schéma dont je parlais un peu plus haut, ce sont des morceaux assez simples et, même s’ils ne font pas partie de mes préférés, il faut reconnaître qu’ils fonctionnent au quart de tour. Pour preuve, je me suis laissé prendre. Les compositeurs ont un très bon sens de la mélodie et du refrain qui fait mouche, surtout quand il est appuyé par des "oh oh oh" (Suckerpunch).

Delain se frotte une nouvelle fois à l'exercice de la reprise (qu'il réussit en général pas mal, cf le EP Interlude) et ne choisit pas la facilité en portant son choix sur du Queen (Scandal, un morceau tiré de l'album The Miracle, de 1989). Là encore, le groupe s'en tire plutôt bien, lui conférant une touche symphonique qu’il n’avait évidemment pas à la base et les "Scandal!" assénés en milieu de titre, on les voit bien repris par tout le public lors des prochains concerts de Delain. C’est aussi pour Timo (Somers) et Merel le moment de se faire plaisir, le morceau étant doté de deux solos.

Chrysalis - The Last Breath nous propose quelque chose d'un peu neuf pour le groupe, une belle ballade orchestrale avec des chœurs tout en légèreté, sur laquelle Charlotte prend pas mal de risques vocalement et nous prouve de cette façon qu’elle peut changer de registre. Le style de ce morceau me rappelle un peu ceux de l’album solo de Tuomas Holopainen. Une belle respiration au milieu du disque.
Avec The Monarch, on a de nouveau quelque chose de différent car il s’agit presque plus d’un instrumental. Le texte, assez court, est chanté dans la dernière partie du morceau, sans musique, avec juste plusieurs pistes de chants, pour un rendu très celtique. Avec ces deux morceaux (réussis), on peut dire que le groupe essaye de nouvelles choses et ne se cantonne pas uniquement à reproduire une recette qui, pourtant, fonctionne.

Voilà de nouveau un disque parfaitement maîtrisé de la part des Néerlandais. J’avais mis un coup de cœur à The Human Contradiction, je ne peux pas faire autrement que d’en mettre un également à Moonbathers car je le trouve au moins aussi bon, après déjà plusieurs écoutes.
Delain continue sur sa lancée et devient, album après album, une référence incontournable du Metal Symphonique.

Tracklist de Moonbathers :

01. Hands Of Gold
02. The Glory and the Scum
03. Suckerpunch
04. The Hurricane
05. Chrysalis - The Last Breath
06. Fire With Fire
07. Pendulum
08. Danse Macabre
09. Scandal
10. Turn the Lights Out
11. The Monarch