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technique du piano 

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a) Gammes

Les gammes et les arpèges sont les passages de piano les plus fondamentaux ; pourtant, la méthode la plus importante pour les jouer correctement n’est souvent jamais enseignée ! Les arpèges sont simplement des gammes élargies et peuvent donc être traités pareillement aux gammes ; ainsi nous discuterons d'abord des gammes en détail et noterons ensuite comment les mêmes règles s'appliquent aux arpèges. Il y a une différence fondamentale dans la façon dont vous devez jouer une arpège et une gamme ; une fois que vous avez appris cette différence simple, les arpèges deviendront beaucoup plus faciles, même pour de petites mains.

Il y a deux manières de jouer une gamme. La première est la bien connue "pouce en dessous", la méthode (BP, comme « Pouce en Bas »), et la seconde est la méthode "pouce en dessus" (PH, comme « Pouce en Haut »). Dans la méthode PB, le pouce est déplacé sous la main afin de dépasser le 3ème ou le 4ème doigt pour jouer la gamme. Cette opération PB est facilitée par la structure unique du pouce, située au-dessous de la paume. Dans la méthode PH, la structure unique du pouce est ignorée et celui-ci est traité comme les 4 autres doigts. Les deux méthodes sont exigées pour jouer la gamme mais chacune est nécessaire dans différentes circonstances ; la méthode PH est nécessaire pour les passages rapides et techniquement difficiles tandis que la méthode PB est utile pour les passages lents, legato, ou lorsque quelques notes doivent être tenues tandis que d'autres sont jouées.

On enseigne plus fréquemment la méthode de PB probablement (1) pour des raisons historiques et (2) parce que la méthode PH n'est pas nécessaire (alors qu’elle peut être préférable) jusqu'au niveau intermédiaire. En fait, avec un travail et un effort suffisant, il est possible de jouer des passages assez difficiles en utilisant la méthode PB et il y a des pianistes professionnels excellents qui pensent que la méthode PB est la seule méthode dont ils ont besoin. En réalité, pour les passages suffisamment rapides, ils ont inconsciemment appris (par un travail très dur) à modifier la méthode PB de telle sorte qu'elle s’apparente à la méthode PH. La raison en est que pour des gammes aussi rapides, il est physiquement impossible de jouer en utilisant la méthode PB et la tension devient inévitable aux vitesses élevées. Par conséquent il est important que l'étudiant apprenne la méthode PH dès qu’il aura passé le niveau de débutant, avant que l'habitude de la méthode PB ne s’enracine définitivement dans les passages qui devraient être joués avec la méthode PH.

Beaucoup d'étudiants adoptent pour méthode de jouer lentement au début et d’augmenter alors progressivement la vitesse. Ils acquièrent par conséquent l'habitude de la méthode PB et trouvent, en augmentant la vitesse, qu'ils doivent changer pour la méthode PH. Ce changement peut être une tâche très difficile, frustrante et longue, non seulement pour les gammes, mais aussi pour n'importe quel passage difficile et rapide -- une autre raison pour laquelle augmenter progressivement la vitesse n'est pas recommandé dans ce livre. Le mouvement de la méthode PB est l'une des causes communes des murs de vitesse. Ainsi une fois que la méthode PH est apprise, elle devrait toujours être employée pour jouer une gamme, exceptée quand la méthode PB donne de meilleurs résultats. Même avec les méthodes enseignées ici, vous constaterez que vous pouvez réussir certains mouvements à des vitesses réduites alors que vous ne pouvez pas à des vitesses plus élevées. Nous montrons par la suite à quel point il est facile de trouver ces mouvements nécessaires en utilisant des exercices d’ensembles parallèles et en les appliquant aux vitesses appropriées.

Les muscles principaux permettant le jeu du pouce sont situés dans l'avant-bras, tout comme pour les 4 autres doigts. Cependant, le pouce a d'autres muscles dans la main qui sont utilisés pour le déplacer latéralement, conformément à la méthode PB. La participation de ces muscles supplémentaires dans la méthode PB fait que les mouvements sont en fait le résultat d’une opération plus complexe biologiquement, ralentissant de ce fait la vitesse maximum possible. Cette complication et l'effort supplémentaire à ces vitesses élevées provoquent également des erreurs. Certains professeurs affirment que 90% des fautes commises par des étudiants n’utilisant que la méthode PB proviennent du pouce.

Vous pouvez démontrer l'inconvénient de la méthode PB en observant la perte de mobilité du pouce dans sa position repliée sous la main. D'abord, étirez vos doigts en dehors, de sorte qu’ils soient tous dans le même plan. Vous constaterez que tous les doigts, y compris le pouce, ont la mobilité verticale (le mouvement requis pour jouer le piano) bien que la plage de mobilité du pouce soit la plus petite. Maintenant, agitez le pouce en haut et en bas rapidement -- vous verrez que le pouce peut se déplacer de 4 ou 5 centimètres verticalement avec facilité (sans tourner l'avant-bras), tout à fait rapidement. Puis, tout en l’agitant toujours à la même fréquence, tirez graduellement le pouce sous la main -- vous verrez au fur et à mesure qu’il va en dessous, qu’il perd de sa mobilité verticale jusqu'à ce qu'il devienne immobile, presque paralysé, quand il est sous le majeur.

Maintenant arrêtez d’agiter le pouce abaissez le (sans déplacer le poignet) -- il s’abaisse ! C'est parce que vous utilisez maintenant un ensemble de muscles différent. Puis, à l'aide de ces nouveaux muscles, essayez de déplacer le pouce de haut en bas aussi rapidement que vous le pouvez -- vous devriez constater que ces nouveaux muscles sont beaucoup plus maladroits et le mouvement haut-bas plus lent que lorsqu’il est étiré en dehors. Par conséquent, afin de pouvoir déplacer le pouce dans sa position repliée, vous devez utiliser un nouvel ensemble de muscles qui sont de surcroît beaucoup plus maladroits. C'est l'introduction de ces muscles maladroits qui entraîne des erreurs et ralentit le jeu dans la méthode PB. L'objectif de la méthode PH est d'éliminer ces problèmes. La question évidente est, "quel prix êtes-vous prêt à payer?"

La méthode PB fonctionne bien pour les gammes lentes. C'est pourquoi les gammes (et les arpèges) font partie des exercices les plus maltraités dans la pédagogie de piano – on enseigne la méthode PB aux étudiants débutants et presque jamais la méthode PH, les rendant ainsi incapables d'acquérir les techniques appropriées pour les gammes et les arpèges. De plus, pendant qu’on accélère la gamme, l'effort commence à se faire ressentir mystérieusement. On devrait enseigner la méthode PH aux débutants dès qu'ils sont prêts. La méthode PH n'est pas plus difficile à apprendre que la méthode PB parce qu'elle n'exige pas les contorsions latérales du pouce, de la main, du bras, et du coude. Il n'est pas nuisible d'enseigner d'abord la méthode PB aux débutants puis la méthode PH quand des gammes plus rapides sont nécessaires (dans les deux premières années de leçons). Clairement, n'importe qui au delà du niveau débutant doit apprendre la méthode PH afin d'éviter tout traumatisme et de perdre du temps à essayer de jouer les gammes rapidement par la méthode PB. Pire encore, l'étudiant pourrait finir par connaître un large répertoire parsemé de mauvaises habitudes qui devront être laborieusement corrigées plus tard. Pour les étudiants doués, la méthode PH doit être enseignée dans les 6 premiers mois de cours, ou dès qu'ils maîtrisent la méthode PB.

Puisqu'il y a deux manières de jouer une gamme, il y a deux écoles sur la façon de la jouer. Une est l'école PB. En fait, on enseigne actuellement à une fraction disproportionnément grande d’étudiants la méthode PB uniquement, parce que la plupart des professeurs privés (qui s’occupent pour la majorité d’étudiants débutants) ont des étudiants qui ne sont pas très avancés et n'ont donc pas besoin de la méthode PH. Beaucoup de professeurs privés ne sont même pas conscients de l’existence de la méthode PH. L'école PB (Czerny, Leschetizky) argue que la méthode PB est la seule manière pour que des gammes puissent être jouées legato, et qu’avec une pratique suffisante, on peut jouer les gammes à n'importe quelle vitesse avec la méthode PB. L'école PH (Whitesides, Sandor) est maintenant reconnue et ses plus fervents adhérents interdisent l'utilisation de la méthode PB, quelques soient les circonstances. Voyez la section « Références » pour plus de discussions sur la polémique PB contre PH.

Les professeurs adeptes de la méthode PH se plaignent que la méthode PB est la cause de la majorité des erreurs et que si vous pratiquiez autant chacune des 2 méthodes, vous joueriez des gammes bien meilleures avec la méthode PH. Ils sont tout naturellement irritées par le fait que les étudiants avancés qui sont passés dans les mains de professeurs privés ne connaissent souvent pas la méthode PH et qu’il faille au moins 6 mois pour corriger les heures du répertoire qu'ils avaient appris de façon erronée. Je pense que les deux écoles sont partiellement exactes et recommande donc d'apprendre les deux méthodes, de sorte que vous ayez plus de techniques à votre disposition. Un inconvénient d'apprendre les deux méthodes est que le pouce peut devenir confus pendant la lecture à vue, et ne pas savoir de quelle manière jouer. Cette confusion est une des raisons pour lesquelles certains professeurs de l'école PH interdisent tout simplement l'utilisation de la méthode PB. Je vous recommande de vous conformer à la méthode PH et de n’employer la méthode PB qu’exceptionnellement. Notez que Chopin a enseigné les deux méthodes (Eigeldinger, p. 37). Ainsi, apprendre la méthode PH n’est pas simplement une question de préférence ; c'est une nécessité.

Nous supposons ici que vous savez déjà comment jouer par la méthode PB, et continuons pour décrire la méthode PH. Commençons par analyser le doigté de base des gammes. Considérons la gamme de C majeur à la main droite. Nous commençons par la partie plus facile, qui est la gamme descendante de la main droite, jouée 5432132.1432132.1 etc... Puisque le pouce est au-dessous de la main, les 3èmes ou 4èmes doigt passent facilement au-dessus du pouce qui se replie naturellement sous ces doigts, et ce doigté de gamme descendante fonctionne bien. Ce mouvement est semblable au mouvement de la méthode PB ; donc, pour la gamme descendante de la main droite, il y a peu de différences apparentes entre les deux méthodes. Nous devrons faire une légère modification, mais d’importance cruciale, afin de transformer ceci en vraie méthode PH. Mais cette modification subtile sera difficile à saisir tant que nous ne maîtriserons pas la méthode PH. Nous remettrons à plus tard cette discussion sur la modification.

Considérez maintenant la gamme ascendante de C majeur à la main droite. Elle est jouée 1231234, etc... Dans la méthode PH, le pouce est juste joué comme les 3èmes et 4èmes doigts de la gamme descendante ; c.-à-d., au-dessus du 3ème ou 4ème doigt. Cependant, vous ne pouvez pas tenir le 3ème ou 4ème doigt au moment où le pouce passe au-dessus, dans la mesure où ils vont se heurter ; donc, le 3ème ou 4ème doigt doit être rapidement écarté pendant que le pouce redescend. C'est l'opération qui doit être travaillée afin de jouer une gamme fluide par la méthode PH. Dans la méthode PH, il n'est pas possible de maintenir le 3ème ou 4ème doigt jusqu'à ce que le pouce joue, à la différence de la méthode de PB, et le pouce ne peut pas réellement passer au-dessus de ces doigts. Pour ces raisons, certains s'opposent à l’appellation PH parce qu’elle peut être trompeuse. Si vous êtes formé à la méthode PB, la méthode PH vous semblera d'abord maladroite mais vous devriez vous y habituer en quelques semaines ; nous discutons ci-après des méthodes pour pratiquer la gamme par la méthode PH. L’astuce dans l'étude de la méthode PH est de réduire le "saut" entre le pouce et le 3ème ou 4ème doigt de sorte qu’il devienne pratiquement inaudible. Par conséquent, la transition doit être très rapide même dans une gamme jouée lentement. Au fur et à mesure que vous vous améliorez, vous noterez qu'une rapide frappe/rotation du poignet/bras peut être utile. Il peut être plus facile au début d'apprendre le mouvement de la méthode PH en le jouant staccato.

La logique derrière la méthode PH est la suivante. Le pouce est utilisé comme n'importe quel autre doigt ; il n'est pas unique. Le pouce se déplace seulement de haut en bas. Ceci simplifie les mouvements du doigt et, en outre, la main, les bras, et les coudes n'ont pas besoin de contorsions pour s’adapter aux mouvements du pouce. Sans cette simplification, les passages techniquement difficiles peuvent devenir impossibles, particulièrement parce que vous devez toujours rajouter de nouveaux mouvements de main pour atteindre de telles vitesses, et la plupart de ces mouvements sont incompatibles avec la méthode PB. Ainsi la main et le bras demeurent fondamentalement perpendiculaires au clavier, à tout moment, et glissent simplement de haut en bas avec la gamme. D'une façon primordiale, le mouvement du pouce vers sa position correcte est contrôlé entièrement par la main alors que dans la méthode PB, c'est un mouvement composé du pouce et de la main qui détermine l'endroit de celui-ci. Puisque le mouvement de la main est fluide, le pouce est placé plus exactement qu'avec la méthode PB, réduisant de ce fait les notes manquées et la frappe de fausses notes, et accordant en même temps un meilleur contrôle du pouce sur la sonorité. En outre, la gamme ascendante devient similaire à la gamme descendante parce que vous passez toujours les doigts par-dessus lors de vos passages. Ceci rend également plus facile de jouer mains ensembles puisque les deux mains « passent toujours par-dessus ». Un autre avantage est que le pouce peut désormais jouer les touches noires. C'est ce grand nombre de simplifications, l'élimination de l'effort résultant d’un pouce paralysé, et certains autres avantages discutés ci-dessous, qui réduit les erreurs potentielles et autorise un jeu arbitrairement rapide. Il y a naturellement des exceptions : les passages lents ou legato, ou certaines gammes utilisant des touchent noires, etc., sont exécutés plus confortablement avec un mouvement ressemblant à celui de la méthode PB. L'acquisition des techniques nécessaires à la méthode PH n'est pas automatique – celle-ci nécessitera un minimum d’entraînement, autrement elle ne produira au début que des gammes bancales. En fait, la plupart des étudiants qui ont été " élevés " seulement à la méthode PB mettront au début un temps terrible à essayer de comprendre comment n'importe qui peut jouer n'importe quoi par la méthode PH. C'est le signe le plus évident du mal que peut causer l’ignorance de la méthode PH ; pour ces étudiants, le pouce n'est pas "libre" comme expliqué ci-dessous. Nous verrons que le pouce, une fois libre, est un doigt très versatile.

La main gauche est le symétrique de la droite ; la méthode PH est employée pour la gamme descendante. Si votre main droite est plus avancée que la main gauche, essayer d’explorer son jeu à des vitesses plus élevées jusqu'à ce que vous maîtrisiez exactement ce que vous faites. Prenez alors ce mouvement en l’appliquant à la main gauche. Vous pouvez vous épargner beaucoup de temps de cette façon. C'est une bonne idée que de cultiver l'habitude d'utiliser la main la plus habile pour enseigner à l'autre. Naturellement, si la main gauche est plus faible que la main droite, vous devrez par la suite l’entraîner davantage pour la mettre à niveau. La main gauche doit être plus forte que la main droite parce que les marteaux dans les graves sont plus gros et les cordes plus massives, ce qui rend la mécanique plus lourde aux vitesses élevées.

Nous discutons maintenant des procédures permettant de pratiquer rapidement les gammes par la méthode PH. La gamme ascendante de C majeur à la main droite comprend les ensembles parallèles 123 et 1234. Les ensembles parallèles (voir la section IV.2) sont des groupes de notes qui peuvent être jouées comme un "accord" (d'un seul trait). D'abord, employez l'approche par accords (voir la section II.9) ou les exercices d'ensembles parallèles (section III.7) pour atteindre des enchaînements 123 rapides, avec le 1er sur C4. Pratiquez alors 1231 avec le pouce « passant par-dessus » le 3ème, en enlevant rapidement celui-ci dès que le pouce redescend. Le 1 qui vient en dernier est la conjonction requise pour la règle de continuité (voir la section I.8). Répétez l’enchaînement 1234, avec le 1er sur F4, et puis 12341, avec le 1er qui passe au dessus du 4ème pour venir atterrir sur le C5. Assurez-vous que vous pouvez jouer ces deux combinaisons très rapidement et sans à-coup, complètement détendu. Jouez près des touches noires afin que le pouce ait plus de surface sur laquelle atterrir. Reliez alors les deux ensembles parallèles pour compléter l'octave. Une fois que vous savez faire une octave, faites en deux, etc...

Lorsque vous jouez des gammes très rapides, les mouvements de la main et du bras sont semblables à ceux d'un glissando (mais pas identiques cependant). Notez que le pouce peut être amené très près du 3ème ou 4ème doigt au dessus duquel il passe si vous le tenez prêt juste derrière les autres doigts (presque comme dans la méthode PB). Le mouvement de type glissando vous permet d’amener le pouce même plus près des doigts au dessus desquels il passe, parce que tous les doigts, du 2ème au 5ème, pointent légèrement vers l'arrière. De cette manière, vous devriez pouvoir jouer une octave rapide (environ 1 octave/sec.) après quelque minutes d’entraînement (pour le moment, ne nous préoccupons pas de la régularité !). Travaillez détendu, jusqu’au point où vous pouvez sentir le poids de votre bras. Une fois que vous maîtrisez la méthode PH, vous devriez constater que les longues gammes ne sont pas plus difficiles que les courtes et que jouer ME n'est pas aussi difficile qu’en utilisant la méthode PB. Ceci est dû principalement au fait que les contorsions du coude, etc., exigées dans la méthode PB deviennent plus difficiles aux extrémités du clavier, à la fin des gammes ascendantes ou descendantes (il y a beaucoup d'autres raisons).

Afin de contrôler précisément l'angle de phase dans un ensemble parallèle, soulevez votre poignet (toujours très légèrement) lorsque vous jouez les ensembles parallèles 123 ou 1234. Faites alors la transition avec le prochain ensemble parallèle en abaissant le poignet, pour jouer selon la méthode PH. Ce sont des mouvements extrêmement petits, presque imperceptibles à l'oeil non entraîné, et qui le deviennent encore plus lorsque vous accélérez. Vous pouvez accomplir la même chose en tournant le poignet dans le sens des aiguilles d'une montre, pour jouer les ensembles parallèles, et faire un bouclage arrière en tournant en sens inverse, pour abaisser le pouce. Cependant, le mouvement de haut en bas du poignet est préféré à la rotation parce qu'il est plus simple ; la rotation peut être réservée pour d'autres usages (Sandor). Si vous essayez maintenant d’enchaîner plusieurs octaves, la gamme se révèlera probablement terne. Jouer mains séparées des gammes fluides, rapides, sur 5 octaves, de haut en bas continuellement, peut prendre plusieurs semaines. Et selon votre niveau, jouer rapidement ME peut prendre quelques mois. Certains professeurs (Gieseking) considèrent que pratiquer des gammes rapides ME est une perte de temps. C’est certainement une tâche longue est difficile. Cependant, la capacité à jouer de longues gammes MS est une nécessité.

Je suis l'un de ces malheureux qui ont appris la méthode PH tard dans leur vie. Je l'ai trouvée utile, surtout après que j’aie atteint des vitesses plus rapides, pour pratiquer 2 octaves de haut en bas, continuellement, parce que s'il est relativement aisé d'apprendre les montées, il est plus difficile d'inverser la direction aux extrémités, à mesure que la vitesse augmente. Je n’ai jamais eu a pratiquer de telles inversions rapides auparavant parce que je ne pouvais pas jouer aussi rapidement avec la méthode PB ! Avec de plus longues montées, vous n’avez pas autant l’occasion de pratiquer ces extrémités, et l’étendue supplémentaire que doit faire votre bras pour atteindre les octaves les plus graves ou les plus aigues n’est qu’un moyen de distraire de la concentration sur le jeu du pouce dont on se passerait bien. Le moyen de jouer des inversions rapides en haut ou en bas est de les exécuter avec une simple pression de la main vers le bas. Par exemple, pour inverser une fois arrivé en haut, jouez le dernier ensemble parallèle, la conjonction, et le premier ensemble parallèle descendant, tous dans un mouvement de la main vers le bas.

Rappelez-vous le mouvement de type glissando mentionné ci-dessus. Dans le glissando, les mains sont en supination ou en pronation de telle sorte que les doigts pointent dans la direction du mouvement de la main. Dans ces positions de la main, le mouvement d’abaissement des touches par les doigts n’est pas droit vers le bas mais possède une composante horizontale vers l’arrière qui permet aux extrémités des doigts de s'attarder plus longtemps sur les touches. C'est particulièrement utile pour jouer le legato. En d'autres termes, si les doigts s’abaissaient directement vers le bas (relativement à la main) et si la main se déplaçait, les doigts ne descendraient pas droit sur les touches. En tournant la main légèrement dans la direction du glissando, cette erreur peut être compensée. Ainsi, le mouvement de glissando permet à la main de glisser sans à-coup au lieu de se déplacer par secousses vers le haut. Vous pouvez pratiquer ce mouvement en faisant un bouclage sur une octave de haut en bas ; le mouvement de la main devrait ressembler à celui d'un patineur donnant alternativement des coups de pieds sur les côtés et dont le corps s’inclinerait en conséquence. La main serait tantôt en pronation tantôt en supination avec chaque changement de direction dans l'octave.

C'est également un bon moment pour travailler les inversions en haut et en bas des gammes parce que la pronation et la supination doivent également être inversées en même temps. Pour les gammes très rapides, vous devez jouer à la fois le dernier ensemble parallèle d'une gamme (ascendante ou descendante) et le premier ensemble suivant l’inversion, dans un mouvement de la main du haut vers le bas. Dans cet arrangement, on élimine efficacement la conjonction en l'incorporant dans l’un des ensembles parallèles. C'est l'une des manières les plus efficaces de jouer une conjonction rapide -- en la faisant disparaître !

Ne prenez pas l'analogie avec le glissando au pied de la lettre, parce qu'il y a des différences. Pour jouer des gammes, les doigts effectuent le travail ; il est donc important de maintenir les doigts parallèles au bras afin de ne pas tendre les tendons et par là même causer des dommages ou créer une tension.

Pour la gamme PH à la main droite descendante, travaillez l'ensemble parallèle 54321 et les autres ensembles parallèles appropriés, avec et sans leurs conjonctions. Vous avez juste besoin de faire une petite modification pour éviter de laisser le pouce se plier complètement sous la main tandis que le prochain ensemble parallèle passe au dessus du pouce. Soulevez le pouce dès que possible tout en maintenant la gamme fluide, en soulevant et/ou en tournant le poignet pour soulever le pouce -- presque l'inverse de ce que vous avez fait pour la gamme ascendante. Si vous pliez le pouce complètement sous la paume, il deviendra paralysé et difficile à déplacer vers la position suivante. C'est la "légère modification" visée ci-dessus et elle est très similaire au mouvement du pouce de la gamme ascendante. Pour le jeu PB, on peut permettre au pouce de se plier complètement sous la paume. Puisque ce mouvement est quelque peu semblable dans les méthodes PH et PB et diffère seulement en amplitude, il peut être facilement joué de façon incorrecte. La différence devient importante dans les passages techniquement difficiles.

Pour les gammes ultrarapides (plus d'une octave par seconde), ne pensez pas en termes de notes individuelles, mais d’ensembles parallèles comme unités. Pour la main droite, en nommant A=123 et B=1234, jouez AB au lieu de 1231234, c.-à-d. deux choses au lieu de sept. Pour un jeu encore plus rapide, pensez en terme d’unités des paires d'ensembles parallèles AB, AB, etc... Pendant que vous progressez en vitesse et commencez à penser en termes d’unités plus grandes, la règle de continuité devrait être changée d'A1 en AB1 en ABA (où le membre final est la conjonction). C'est une mauvaise idée que de pratiquer abusivement de façon rapide car aux vitesses élevées, vous ne pouvez pas contrôler confortablement ce que vous faites. Les incursions dans le jeu très rapide sont utiles seulement pour faciliter celui-ci à une vitesse légèrement plus réduite. Travaillez par conséquent la majeure partie du temps à une vitesse légèrement plus lente que votre maximum ; vous gagnerez plus rapidement en vitesse de cette manière. Ne pratiquez pas pendant de longues périodes à la vitesse maximum parce que cela conditionnera les mains à jouer de la mauvaise manière. Et n'oubliez pas de jouer lentement au moins une fois avant que vous ne changiez de main ou vous arrêtiez.

Essayez l'expérience suivante afin d'obtenir la sensation des gammes véritablement rapides. Jouez en boucle l'ensemble parallèle de 5 doigts 54321 pour la gamme descendante à la main droite, selon l'arrangement décrit dans les exercices d'ensemble parallèle. Notez que, à mesure que vous augmentez la vitesse de répétition, vous devrez orienter la main, courber les doigts, et employer une certaine dose de poussée ou de rotation afin d'atteindre le jeu le plus rapide, le plus doux, et le plus parallèle. Il se peut que vous ayez à étudier la section d'arpèges ci-dessous en "poussée" et "traction" avant que vous puissiez le faire correctement. Un étudiant de niveau intermédiaire devrait pouvoir élever la vitesse rapidement à plus de 2 cycles par seconde. Une fois que vous pouvez le faire rapidement, confortablement et de façon détendue, continuez l’ensemble vers le bas sur une octave à cette même vitesse élevée, en veillant bien à la jouer selon la méthode PH. Vous venez juste de découvrir comment jouer une gamme très rapide ! La rapidité avec laquelle vous pouvez la jouer dépend de votre niveau technique, et à mesure que vous vous améliorez, cette méthode vous permettra de jouer des gammes encore plus rapides. Si ces gammes rapides commencent à devenir irrégulières, ne les pratiquez pas exagérément parce que vous finiriez par acquérir des habitudes de jeu irrégulier. Ces expériences sont utiles principalement pour découvrir les mouvements requis à de telles vitesses.

Le mieux est de ne pas commencer à jouer les gammes ME tant que vous ne vous sentez pas très à l’aise MS. La vitesse maximum ME est toujours plus lente que la vitesse maximum MS de la main plus lente. Commencez la pratique ME sur une octave, ou une partie seulement, comme pour un ensemble parallèle. Pour pratiquer par ensembles parallèles, la gamme majeure de C n'est pas idéale parce que les pouces ne sont pas synchronisés -- voir ci-dessous pour un meilleur exemple de gamme à employer (B majeur). Prenez pour habitude de passer ME à une vitesse rapide (bien qu'il semble beaucoup plus facile de commencer à vitesse réduite et d’augmenter progressivement celle-ci). Pour cela, jouez une octave plusieurs fois à la main gauche à une vitesse rapide et confortable, répétez plusieurs fois à la main droite à la même vitesse, et combinez les alors à la même vitesse. Ne vous inquiétez pas si au tout début les doigts ne coïncident pas parfaitement. Faites d’abord correspondre les notes de départ ; puis faites coïncider les notes de départ et les notes finales ; jouer ensuite en boucle cette octave continuellement ; travaillez alors à faire coïncider chaque note.

Supposez que vous puissiez jouer à la vitesse 10 avec votre main droite et 9 avec la main gauche. Alors votre vitesse maximum ME sera sans doute 7. Si vous voulez augmenter cette vitesse ME jusqu’à 9, ne le faites pas ME. Faites le en augmentant la vitesse de la main droite jusqu’à 12 puis celle de la main gauche jusqu’à 11. Maintenant vous pouvez augmenter la vitesse ME jusqu’à 9. De cette façon, vous économiser beaucoup de temps et éviterez d’attraper de mauvaises habitudes et de développer des tensions. En somme, pratiquement toute acquisition de technique devrait être conduite MS parce que c'est la manière la plus rapide et la moins risquée en termes d’erreurs. Beaucoup d'étudiants devront pratiquer la main gauche davantage que la main droite, une raison supplémentaire pour pratiquer MS.

Avant d'aller trop loin dans la gamme de C majeur, pratiquez celle de B majeur. Référez-vous au tableau ci-dessous pour les doigtés de gammes. Dans cette gamme, seuls le pouce et l’auriculaire jouent les touches blanches. Tous les autres doigts jouent les touches noires. Cette gamme présente les avantages suivants :

(1) elle est plus facile à jouer au début, particulièrement pour ceux avec de grandes mains ou de longs doigts. Chaque doigt tombe naturellement sur chaque touche. Pour cette raison, Chopin a enseigné cette gamme aux débutants avant d'enseigner celle de C majeur.

(2) elle vous permet de vous exercer au jeu sur les touches noires. Les touches noires sont plus difficiles à jouer (car plus facile à manquer) parce qu'elles sont plus étroites, et exigent une plus grande précision.

(3) elle permet de jouer avec les doigts aplatis (moins courbés), ce qui peut être mieux pour le jeu legato.

(4) Le jeu selon la méthode PH est beaucoup plus facile. C'est pourquoi j'avais pris la gamme de C majeur comme exemple pour illustrer cette méthode. Avec la gamme de B majeur, il est plus difficile de voir la différence entre les méthodes PB et PH. Cependant, dans l’optique de pratiquer les mouvements appropriés, la gamme de B majeur peut être meilleure si vous comprenez déjà la différence entre PB et PH parce qu'elle est plus facile à obtenir à des vitesses élevées, et ce, sans acquérir de mauvaises habitudes.

(5) les pouces sont synchronisés dans cette gamme, ce qui permet de travailler ME, ensemble parallèle par ensemble parallèle. Ainsi le jeu ME est plus facile ici que pour la gamme de C majeur. Une fois que vous devenez efficace avec cette gamme ME, apprendre celle de C majeur ME devient plus simple, vous économisant ainsi beaucoup de temps. Vous comprendrez également exactement pourquoi la gamme de C majeur est plus difficile.

Une fois que vous avez acquis la technique PH pour les gammes, vous devriez pouvoir l’étendre à l’exécution des arpèges. Pratiquez à la fois les arpèges de C majeur et de B majeur. Une différence entre les gammes et les arpèges est que pour l'arpège, la souplesse du poignet est le point technique le plus important. C'est la flexibilité du poignet et non l'extension (taille de la main), qui produit un arpège fluide. Pour la gamme, la main doit être aussi calme que possible avec, à tout moment, tous les doigts presque en contact avec les touches et la main légèrement pronatrice (tournée vers l’intérieur, pouces tournés vers le bas). Pour l'arpège, le couple main/poignet est beaucoup plus actif. Ici, nous sommes principalement concernés par la méthode PH ; ci-dessous, nous traiterons d'autres aspects techniques nécessaires au jeu des arpèges.

Naturellement, apprendre les gammes et les arpèges par la méthode PH n’est qu’un début. Les mêmes principes s'appliquent à n'importe quelle situation impliquant le pouce, dans n'importe quel morceau de musique, partout où la vitesse est raisonnablement élevée. Une fois la gamme et les arpèges maîtrisés, la méthode PH devraient être presque une deuxième nature dans toutes les autres situations qui l’impliquent. Pour que ceci se développe naturellement, vous devez employer un doigté cohérent et optimisé pour les gammes ; ceux-ci sont répertoriés dans les tables ci-dessous.

Ceux qui ne connaissaient pas la méthode PH et qui ont appris beaucoup de morceaux en utilisant la méthode PB devront y revenir et figer tous les vieux morceaux qui contiennent des gammes rapides et des accords brisés. Dans le meilleur des cas, tous les vieux morceaux qui ont été appris en utilisant la méthode PB devraient être réappris afin d’échapper complètement à l'habitude de celle-ci. C'est une mauvaise idée que de jouer certains morceaux selon la méthode PB et d'autres avec la méthode PH pour des doigtés semblables. Une façon d’accomplir le commutation entre PB et PH est de pratiquer les gammes et les arpèges en premier de sorte que vous deveniez à l’aise avec PH. Apprenez alors de nouvelles compositions en utilisant la méthode PH. Après environ 6 mois, quand vous serez à l’aise avec PH, vous pourrez commencer à reconvertir tous vos anciens morceaux.

Il est évident que nous avons besoin à la fois des méthodes PH et PB. Elles devraient être considérées comme deux manières différentes d'utiliser le pouce, poussées dans leurs derniers retranchements. En somme, il y a beaucoup d'autres mouvements intermédiaires, la moitié d'entre eux serait plus PH et l'autre serait plus PB. Un avantage inattendu à maîtriser la méthode PH est que vous devenez bien plus efficace avec la méthode PB. Ceci se produit parce que votre pouce devient techniquement plus compétent : il devient libre. Et vous gagnez la capacité d'employer tous ces mouvements intermédiaires (entre les 2 extrêmes PH et PB) qui peuvent être exigés selon que d'autres notes sont jouées ou selon le type d'expression vous voulez créer. Le pouce est maintenant libre d’employer tous ces mouvements disponibles et peut contrôler la sonorité. Cette liberté, plus la capacité de jouer maintenant un matériel beaucoup plus difficile techniquement de façon correcte, est ce qui transforme le pouce en un doigt très polyvalent.

Répéter des gammes et des exercices sans faire travailler le cerveau est découragé dans ce livre. Cependant, il est en indispensable de développer cette compétence nécessaire pour jouer des gammes et des arpèges exquis, et cela afin d'atteindre une technique de base et des doigtés standards pour le jeu quotidien et la lecture à vue. Les gammes et les arpèges dans toutes les tonalités, majeures et mineurs, devraient être travaillées jusqu'à ce que vous soyez très à l’aise avec elles. Les doigtés standard devraient être pratiqués jusqu'à ce qu'ils deviennent une deuxième nature. Ces gammes et arpèges devraient sonner avec vivacité et aplomb, pas fort mais confiant ; simplement les écouter devrait élever l’esprit de chacun à quelques hautes considérations.

Les doigtés standard de la gamme majeure sont 12312341 (main droite), 54321321 (main gauche) pour C, G, D, A, E, (avec 0, 1, 2, 3 et 4 dièses respectivement) ; ces doigtés seront abrégés par S1 et S2, où S signifie "standard". Les dièses augmentent dans l'ordre F, C, G, D, A, (G majeur a un F #, D majeur a un F # et un C #, A majeur a un F #, un C # et un G #, etc...) et pour les gammes majeures F, Bb, Eb, Ab, Db, Gb, les bémols augmentent dans l'ordre B, e, a, d, g, c ; chaque intervalle entre les tonalités adjacentes est une quinte. Il est donc facile de s’en rappeler, particulièrement si vous êtes violoniste. Regardez les gammes majeures de B ou de Gb dans un livre de musique et vous verrez comment les 5 dièses ou les 6 bémols viennent s’aligner. Ainsi 2 dièses seront des dièses pour F et C, trois dièses seront pour F, C et G, et ainsi de suite. Les bémols augmentent en ordre inverse, comparé aux dièses. Référez-vous au tableau ci-dessous pour les gammes majeures ascendantes restantes (renversez les doigtés pour les gammes descendantes) :

Il est facile de devenir « accro » des gammes et des arpèges. Une fois que vous pouvez jouer les gammes aussi rapidement que vous voulez (ce qui prendra pas mal d'années), il sera préférable de ne pas employer les gammes pour s'échauffer en raison de l'habitude. Nous sommes tous paresseux dans une certaine mesure et le jeu ininterrompu des gammes exige relativement peu d'effort mental une fois que vous savez le faire - un piège classique pour le cerveau paresseux.

D'autre part, nous ne pourrons jamais jouer une gamme trop bien. Quand vous travaillez les gammes, essayez toujours de réaliser quelque chose -- plus lisse, plus doux, plus clair, plus rapide... Faites glisser les mains, faites chanter la gamme ; ajoutez de la couleur, de l'autorité ou une sensation d'excitation. Arrêtez dès que vous commencez à perdre votre concentration. Il n'y a pas de vitesse maximum dans le jeu parallèle. Par conséquent, en principe, vous pouvez continuer à augmenter la vitesse et l'exactitude toute votre vie – ce qui peut être très amusant, et certainement enthousiasmant. Si vous voulez démontrer votre vitesse à une assistance, vous pouvez probablement faire cela en utilisant des gammes et des arpèges au moins aussi bien qu'avec n'importe quel morceau de musique.

b) Arpèges

Jouer des arpèges correctement est techniquement très complexe. Cela les rend particulièrement appropriés pour apprendre certains mouvements importants de la main, tels que la poussée, la traction, et le "mouvement de roue". l'"arpège", comme utilisé ici, inclut les accords cassés et les combinaisons des passages arpeggés courts. Nous illustrerons ces concepts en utilisant ici le 3ème mouvement de la sonate au clair de lune de Beethoven pour la poussée et la traction, et la Fantaisie impromptue de Chopin (fi) pour le mouvement de roue. Rappelez vous que cette souplesse des mains, particulièrement au niveau du poignet, est essentielle pour jouer des arpèges. La complexité technique des arpèges résulte du fait que, dans la plupart des cas, cette souplesse doit être combinée : pousser, tirer, mouvement de roue, etc. Notez que la sonate au clair de lune est difficile à cause de la vitesse exigée. Beaucoup de compositions de Beethoven ne peuvent pas être ralenties parce qu'elles sont tellement intimement attachées au rythme. En outre, ce mouvement exige de réaliser confortablement une extension d'une 9ème minimum. Ceux qui ont de petites mains auront beaucoup plus de difficulté à apprendre ce morceau que ceux avec qui possèdent l'extension appropriée.

La méthode du mouvement de roue (fi de Chopin). Afin de comprendre ce mouvement, placez votre paume de main gauche sur les touches du piano, avec les doigts écartés comme les rayons d'une roue. Notez que le bout de l'auriculaire et celui du pouce forme quasiment un demi-cercle. Maintenant placez l'auriculaire sur le DO3 et mettez le parallèle à la touche ; vous devrez tourner la main afin que le pouce soit plus près de vous. Déplacez alors la main vers le capot jusqu'à le toucher ; assurez-vous que la main reste rigide. Si le 4ème doigt est trop long et touche le couvercle en premier, tournez la main suffisamment pour que l' contacts auriculaire entre en contact avec le couvercle, mais tout le gardant parallèle à la touche. Tournez maintenant la main comme une roue dans le sens des aiguilles d'une montre (vu de dessus) afin que chaque doigt à son tour touche le couvercle (sans glissement) jusqu'à ce que vous atteigniez le pouce. C'est le mouvement de la roue (en gymnastique) sur un plan horizontal. Si votre extension normale est d'une octave avec vos doigts étendus, vous constaterez que le mouvement de roue couvrira presque deux octaves ! Vous gagnez en extension parce que ce mouvement se sert du fait que les trois doigts centraux sont plus longs que l'auriculaire ou le pouce. Répétez maintenant le même mouvement avec la main à la verticale (paume parallèle au couvercle), les doigts dirigés donc vers le bas. Commencez par l'auriculaire et baissez la main pour jouer DO3. Maintenant si vous enroulez la main vers DO4, (ne vous inquiétez pas si vous vous sentez très maladroit), chaque doigt jouant la note qu'il touche. Quand vous atteignez le pouce, vous constaterez que vous avez encore couvert une distance presque deux fois supérieure à votre votre extension normale. Dans ce paragraphe, nous avons appris trois choses : (1) comment faire faire une "roue" à la main, (2) le fait que ce mouvement augmente votre extension efficacement sans avoir à faire le moindre saut, et (3) ce mouvement être employé "pour jouer" les notes sans déplacer les doigts relativement à la main.

Dans la pratique réelle, la roue est employée avec la main quelque part entre la verticale et l'horizontale, et les doigts seront légèrement courbés. Bien que ce mouvement de roue induise des enfoncements de touches, vous déplacerez également les doigts afin de jouer. Nous nous appliquons cette méthode aux accords cassées à la main gauche de la fi de Chopin. Dans la section III.2, nous avons discuté de l'utilisation du bouclage pour travailler la main gauche. Nous ajouterons maintenant le mouvement de roue au bouclage. Faites un bouclage les 6 (ou 12) premières notes de main gauche de la mesure 5 (où la main droite rejoint la gauche). Au lieu d'étendre juste la main en longueur pour jouer chaque note, ajoutez le mouvement de roue. Si vous placez la main presque horizontalement, alors pratiquement tout l'enfoncement des touches doit être accompli par le mouvement des doigt. Cependant, si vous soulevez la main de plus en plus vers la verticale, le mouvement de roue contribuera de plus en plus à l'enfoncement, et vous aurez besoin de moins en moins de mouvements des doigts pour jouer. Le mouvement de roue est particulièrement utile pour ceux qui ont de petites mains parce qu'il augmente automatiquement l'extension. Cela rend aussi plus facile la détente parce qu'il y a moins besoin de maintenir les doigts écartés pour atteindre toutes les notes. Ce mouvement libère également la tension du poignet parce que vous ne pouvez pas faire de roue avec un poignet tendu. Ces réductions d'effort rendent la main plus souple. Vous constaterez également que votre maîtrise augmente parce que les mouvements sont maintenant en partie régis par les grands mouvements de la main qui fait le jeu moins de dépendant du mouvement de chaque doigt, ce apporte plus d'uniformité.

Poussée et traction : les deux principales manières de jouer un arpège. Pour ceux qui apprennent la sonate au clair de lune de Beethoven pour la première fois, une des difficultés le plus fréquemment rencontrées est la fin du 3ème mouvement, arpegée aux deux mains (mesures 196-198 ; ce mouvement a 200 mesures). En illustrant comment travailler ce passage difficile, nous pouvons démontrer comment des arpèges devraient être joués. Essayons d'abord la main droite. Afin de simplifier le travail, nous sautons la première note de la mesure 196 et ne travaillons que les 4 notes montantes suivantes (E, G #, C #, E), sur lesquelles nous ferons un bouclage. Pendant le bouclage, faites un mouvement elliptique dans le sens des aiguilles d'une montre (vu du dessus) de la main. Nous diviserons cette ellipse en deux parts : la partie supérieure est la moitié orientée vers le piano et la partie inférieure la moitié plus près de votre corps. En jouant la moitié supérieure, vous "poussez" votre main vers le piano, et en jouant la moitié inférieure, vous "tirez" la main vers vous. D'abord, jouez les 4 notes de la moitié supérieure et remettez la main en position originale en utilisant la moitié inférieure. Vous utilisez le mouvement de poussée pour jouer ces 4 notes. Vos doigts tendent à glisser vers le piano pendant que vous jouez chaque note. Maintenant inversez le sens du mouvement (sens contraire des aiguilles d'une montre) de la main et jouez les mêmes 4 notes montantes pendant la moitié inférieure de l'ellipse. Chaque doigt tend à glisser vers vous lorsqu'il joue chaque note. Ceux qui n'ont pas pratiqué les deux mouvements peuvent en trouver un beaucoup plus difficile que l'autre. Les pianistes avancés devraient trouver les deux mouvements aussi confortables l'un que l'autre.

Ce qui précède concernait l'arpège montant de la main droite. Pour l'arpège descendnat de main droite, utilisons les 4 premières notes de la mesure suivante (les mêmes notes que dans paragraphe précédent, une octave plus haut, et dans l'ordre inverse). Ici, le mouvement de traction est nécessaire pour la moitié inférieure du mouvement dans le sens des aiguilles d'une montre, et la poussée est utilisée pour la moitié supérieure de la rotation dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Pour les arpèges montants et descendants, travaillez poussée et traction jusqu'à ce que vous les trouviez toutes deux confortables. Voyez maintenant si vous pouvez en faire autant à la main gauche. Notez que ces bouclages sont tous des ensembles parallèles et peuvent donc par la suite être joués extrêmement rapidement. C'est la manière la plus efficace d'atteindre rapidement la vitesse ; nous approfondirons quelques détails ci-dessous.

Après avoir appris ce que la poussée et la traction signifient, vous pourriez raisonnablement vous demander, "pourquoi ai-je besoin d'elles?" D'abord, il faut préciser que les mouvements de poussée et de traction utilisent des ensembles de muscles entièrement différents. Par conséquent, pour une application spécifique, un mouvement doit être meilleur que l'autre. Nous apprendrons ci-dessous qu'un de ces mouvements est plus fort que l'autre. Les étudiants qui ne sont pas au courant peuvent en choisir un aléatoirement ou les permuter sans savoir ce qu'ils font. Cela peut avoir pour conséquence les erreurs inattendues, des efforts inutiles, ou des murs de vitesse. La poussée et de la traction créent une situation analogue aux passages de pouce dessus et dessous. Rappelez-vous qu'en apprenant les deux méthodes de passage de pouce, vous apprenez à utiliser toutes les possibilités du pouce. En particulier, à grande vitesse, le pouce est utilisé dans une manière qui est très près d'etre à mi-chemin entre dessus et dessous ; cependant, la chose importante à garder à l'esprit, c'est que le mouvement de pouce doit être un peu plus l'un que l'autre. Si vous êtes légèrement du côté du pouce en dessous, vous vous heurterez à un mur de vitesse. Juste comme avec la poussée et la traction, pouces dessus et dessous utilisent deux ensembles de muscles très différents.

L'analogie de la poussée et de la traction avec les deux passages de pouce va plus loin, parce que poussé et tiré ont également un mouvement neutre. Vous obtenez ce mouvement neutre en ramenant petit diametre de l'ellipse à zéro; c.-à-d., vous traduisez simplement la main en mouvement à droite et à gauche sans aucun mouvement elliptique. Mais ici encore, il y a une grande différence si vous approchez la position neutre du côté de la poussée ou du côté de la traction, parce que les mouvements neutres apparemment semblables (approchés du côté de la poussée ou de la traction) sont joués réellement en utilisant un ensemble de muscles différent. Laissez-moi illustrer ceci avec un exemple mathématique. Des mathématiciens seront horrifiés si vous leur dites que 0 = 0, qui semble à première vue être correct. La réalité, cependant, dicte que nous devons faire très attention. C'est parce que nous devons savoir la véritable signification de zéro ; c.-à-d., nous avons besoin d'une définition mathématique de zéro. Elle est définie comme nombre 1/N, quand on permet à N d'aller à l'infini. Vous obtenez au le "même" numéro zéro, si N est positif ou négatif. Malheureusement, si vous essayez de vous diviser par zéro : 1/0. vous obtiennent une réponse différente selon que N est positif ou négatif. 1/0 = +infinity quand N est positif, et 1/0 = - infini quand N est négatif ! Si vous aviez supposé que les deux zéros étaient les mêmes, votre erreur après que la division pourrait être aussi grande que deux infinis selon quels zéro vous aves utilisé ! D'une manière semblable, la "même" position neutre réalisée en pensant pouce dessus ou pouce dessous est fondamentalement différente, et pareillement avec la poussée et la traction.

Ainsi, nous ont établi que poussée et traction sont toutes les deux nécessaires, mais comment savoir quand employer qui ? Dans le cas du passage de pouce, la règle était claire ; pour les passages lents vous pouvez employer l'un ou l'autre un, et pour certaines situations de legato, vous avez besoin du pouce en dessous ; pour tous les autres vous devriez employer pouce au dessus. Pour les arpèges, la règle est d'utilser les mouvements forts comme premier choix et les mouvements faibles comme choix secondaire. Fort et faible sont définis comme suit :

Fort : pour la main droite montant, utilisez la traction ; pour la main droite descentante, utilisez la poussée, et pour la main gauche montant, utilisez la poussée ; et la traction pour la main gauche descendnate.

Faible : pour la main droite montant, la poussée ; pour la main droite descendant, la traction, et
Pour la main gauche montant, la traction ; pour la main gauche descendant, la poussée.

Quelques étudiants peuvent trouver difficile de suivre cette règle au début en raison de leur façon de pratiquer antétieure. Par exemple, changer de mouvement après avoir appris un morceau peut ne pas être valable. Et il y a des situations dans lesquelles ces règles devraient être ignorées. Par exemple, dans l'exemple de la Sonate au clair de lune, ici, avec des mains montantes et descendantes ensemble, certains peuvent trouver plus facile de jouer la poussée aux deux mains ou la traction aux deux mains, plutôt que de jouer l'une en poussée et l'autre en traction. Pour les joueurs avancés, la différence entre les mouvements forts et faibles peut être très petite. Pour le jeu très rapide, les mouvements forts tendent à produire de meilleurs résultats et les mouvements faibles sont plus enclins "au syndrome de l'auriculaire qui s'effondre".

En conclusion, on peut poser la question, "pourquoi ne pas toujours jouer neutre - ni poussée ni traction ?" Ou apprendre juste l'une (ex. la poussée seulement), et devenir simplement très bon dans cette technique ? Ici encore, rappelons nous qu'il y a deux manières de jouer le neutre selon si que vous l'approchez du côté de la poussée ou du côté de la traction, et pour une application particulière, on est habituellement plus habile avec l'une que l'autre. Quant à la deuxième question, notez que les mouvements forts exigent poussé et traction. Donc, afin de jouer les mouvements forts bien, vous devez savoir jouer les mouvements faibles. Par conséquent, si vous décidez d'employer la poussée ou la traction pour un passage particulier, vous devriez toujours travailler l'autre également. C'est la seule manière de savoir quel mouvement est le meilleur pour vous. Par exemple, vous travaillez cette fin de la sonate de Beethoven, vous devriez constater que vous accomplissez un progrès technique plus rapide en travaillant chaque bouclage en poussée et en traction. En fin de compte, la plupart des étudiants devraient finir très près du neutre, bien que quelques uns puissent préférer utiliser une poussée ou une traction exagérée. Travaillez cette fin de sonate en travaillant d'abord chaque bouclage MS jusqu'à ce que vous puissiez le jouer confortablement et détendu à la vitesse finale (ou plus rapidement !). Rappelez-vous, ce sont des ensembles parallèles et donc, la vitesse n'est habituellement pas un facteur limiteur. Reliez alors deux bouclages, puis trois, etc., jusquà la fin entière, MS seulement d'abord, puis ME.

Il y a un bien des choses à travailler dans ce 3ème mouvement avant de jouer ME, tellement qu'à ce stade, vous n'ayez probablement pas à travailler ME du tout, excepté comme expérimentation, afin de voir ce que vous pouvez ou ne pouvez pas faire. En particulier, des essais à vitesse élevée ME seraient contre-productifs et ne sont vraiment pas recommandés. Cependant, le travail d'un bouclage simple ME peut être tout à fait salutaire, mais ceci ne devrait pas non plus être pratiqué si vous ne pouvez pas encore le jouer d'une manière satisfaisante MS. Les difficultés principales dans ce mouvement sont concentrées dans les arpèges et les accompagnements d'Alberti (type "do-sol-mi-sol") ; une fois que ceux-ci sont maîtrisés, vous avez conquis 90% de ce morceau. Pour ceux qui n'ont pas une qualification technique suffisante, vous devriez être satisfait d'atteindre la vitesse vivace. Une fois que vous pouvez jouer le mouvement entier confortablement vivace, vous pourriez essayer de vous efforcer de monter vers le presto. Ce n'est probablement pas une coïncidence qu'à la signature 4/4, presto corresponde à la vitesse de battement de coeur d'une personne très passionnée. Notez combien l'accompagnement de main gauche de la mesure 1 ressemble réellement à coeur qui bat.

Il devrait être clair à ce jour que le jeu des arpèges est techniquement très complexe. La poussée et la traction s'appliquent également aux gammes, et les règles pour des gammes sont les mêmes que pour les arpèges (le mouvement fort est le premier choix mais fort et faible devraient être pratiqués). Cependant, avec les gammes, il est plus difficile d'illustrer la différence entre la poussée et la traction pour des joueurs débutants ; c'est pourquoi nous l'avons démontré en utilisant les arpèges ci-dessus. Notez que poussée et traction deviennent maladroites en jouant pouce dessous. C'est une autre raison de l'éviter. En fait, la poussée et la traction sont des mouvements très basiques et s'appliquent pratiquement à tout ce que vous jouez. Par conséquent, c'est très payant de bien les pratiquer, et de penser à les utiliser quoique vous jouiez. La complexité des arpèges vient du fait qu'il faut y combiner poussée, traction, mouvement de roue, pouce dessous, pouce dessus, pronation, et supination dans n'importe quelle combinaisons. C'est un véritable casse-tête de combinaisons. Si vous ne connaissez pas les diverses composantes et laissiez simplement votre main choisir son propre mouvement, les chances de tomber sur la combinaison optimale seraient pratiquement nulles. Le résultat est un mur de vitesse.

Nous décrirons maintenant notre plan de travail pour apprendre ce mouvement. Nous avons commencé par la partie la plus difficile, l'arpège à deux-main de la fin. La plupart des étudiants auront plus de difficulté avec la main gauche que la main droite ; donc, une fois que la main droite est assez confortable, commencez à travailler l'arpège de la main droite des deux premières mesures de ce mouvement, tout en travaillant toujours la partie de main gauche de la fin. Une règle importante pour jouer des arpèges rapidement est de garder les doigts aussi près des touches que possible, presque en contact avec elles. Ne soulevez pas les doigts au dessus des touches. Notez que nous recherchons des segments de travail courts pour les deux mains afin d'alterner rapidement entre les deux mains. Ne faites pas un bouclage d'une main trop longtemps car il y a danger de dommages. Après un certain temps de pratique, vous pourrez faire un bouclage à une main pendant de longues périodes ; cependant, les effets des dommages ne sont parfois sentis que plusieurs jours plus tard, ainsi c'est une bonne assurance que de prendre l'habitude de changer fréquemment de main, même si vous ne sentez aucune fatigue ou aucun souffrance.

La pédale est utilisée seulement dans deux situations dans ce morceau : (1) à la fin de la mesure 2, pour les 2 accords staccato et à toutes les situations semblables suivantes, et (2) mesure 165-166. La partie suivante à travailler est l'espèce de tremolo de main droite commençant à la mesure 9. Assurez-vous que vous comprenez et suivez le doigté de cette section de main droite. Vient alors l'accompagnement de main gauche Alberti commençant à la mesure 21, et les parties semblables de main droite qui apparaissent plus tard. L'accompagnement d'Alberti peut être travaillé en utilisant les ensembles parallèles, comme expliqué à la section II.8. Le prochain segment difficile est le trille de main droite de la mesure 30. Ce premier trille est mieux exécuté en utilisant le doigté 3.5 et le second exige 4.5. Pour ceux qui ont de petites mains, ces trilles sont aussi difficiles que la fin, ainsi ils devraient être travaillés dès le début, quand vous commencez à apprendre ce mouvement. Ce sont les impératifs techniques de base de ce morceau. Si vous pouvez apprendre ces choses, vous pouvez jouer le mouvement entier.

Puis vient le travail du début ME après que tous ces problèmes techniques sont résolu MS. Il n'y a aucun besoin d'utilser la pédale jusqu'à ce que vous commenciez ME. Notez que les mesures 163, 164, sont jouées sans pédale. Puis l'application de la pédale aux barres 165, 166, donne tout leur signification à ces 2 dernières mesures. En raison du tempo rapide, il y a une tendance travailler trop fort. C'est non seulement musicalement incorrect, mais techniquement endommageant. En travaillant trop fort, vous allez droit à la fatigue et aux murs de vitesse ; la clef de la vitesse est la détente. Ce sont les passage Piano qui créent la majeure partie de l'excitation. Par exemple, le FF de la mesure 33 est juste une préparation pour le P suivant, et en fait, il y a très peu de FF dans tout le mouvement. La section entière des mesures 43 à 48 est jouée P, menant juste une à une mesure, la 50, jouée F. Considérant que l'objectif du travail MS était d'atteindre vite la vitesse (ou plus rapide), la pratique lente devient primordiale pendant le jeu ME. Excepté en faisant un bouclage ME, travaillez toujours ME légèrement plus lentement que votre vitesse maximum. Vous accomplirez un progrès plus rapide par un travail à une vitesse à laquelle vos doigts veulent aller plus vite, qu'à forcer les doigts à jouer plus rapidement qu'ils ne peuvent. Ainsi le choix de la vitesse de travail MS et ME est diamétralement opposé : l'objectif est la vitesse pour MS et l'exactitude pour ME. Il n'y a aucun besoin de pousser la vitesse ME parce que (si vous avez travaillé correctement), c'était déjà atteint MS, de sorte que la vitesse ME viendra automatiquement dès que les deux mains seront coordonnées. Dans la pratique ME, vous travaillez pour la coordination, pas pour la vitesse.

En conclusion, si vous avez travaillé correctement, vous devriez découvrir que certaines choses sont plus faciles à jouer rapidement que plus lentement. C'est absolument normal au début, et c'est la preuve que vous avez bien appris les leçons de ce livre. Naturellement, une fois que vous êtes devenu compétent techniquement, vous devriez pouvoir jouer à n'importe quelle vitesse avec la même facilité.

Pouce : le doigt le plus souple, et exemple d'exercices de travail des gammes et des arpèges.

Le pouce est le doigt le plus souple ; il nous permet de jouer des gammes, des arpèges, et des accords larges (si vous ne le croyez pas, essayez donc de jouer une gamme sans le pouce !). La plupart des étudiants n'apprennent pas à utiliser le pouce correctement tant qu'ils n'ont pas oborder les gammes. Par conséquent il est important de travailler des gammes aussitôt que possible. La répétition sytématique de la gamme majeure de Do à plusieurs reprises n'est pas la manière de pratiquer les gammes. Il est important de travailler toutes les gammes et tous les arpèges principaux et en mineur ; donc nous examinerons un exemple dexercices de travail des gammes et préciserons ce qui doit être fait et quels sont les avantages qu'on en retire.

Pour la simplicité, nous considérerons seulement les gammes majeures ici, mais vous devriez concevoir des exercices semblables pour les gammes mineures et des exercices correspondants pour les arpèges.

D'abord, un rappel des principes fondamentaux. Jouez avec le bout du pouce, pas la première articulation. Cela rend le pouce aussi long que possible, ce qui est nécessaire parce que c'est le doigt le plus court. Afin de produire une gamme lisse, tous les doigts doivent être aussi semblables comme possible. Afin de jouer avec le bout, vous pouvez devoir soulever le poignet légèrement. Vous trouverez le jeu du bout du pouce utile aux vitesses élevées et pour une meilleure maîtrise. Le jeu avec le bout du pouce est absolument nécessaire pour les arpèges et les accords. Il est également important de cultiver le "mouvement de glissando" en ce que les doigts sont penchés dans la direction du mouvement de la main. N'exagérez pas le mouvement de glissando, vous n'en avez besoin que d'un peu. Jouez toutes les gammes pouce dessus ; il y a peu besoin de pratiquer pouce dessous. Le jeu du bout du pouce facilite également la technique pouce dessus. La meilleure tessiture est probablement de trois octaves , et la main droite devrait être une ou deux octaves au-dessus de la main gauche ; en d'autres termes, choisissez une envergure confortable pour chaque main. La meilleure position de bras n'est probablement pas parfaitement perpendiculaire au clavier, mais dirigé légèrement vers l'intérieur pour compenser le fait qui l'auriculaire est court. Pratiquement tout votre travail sera fait MS ; ME n'est pas nécessaire, et peut gaspiller beaucoup de temps ; ME devrait être juste considéré comme une option intéressante à essayer de temps à autre. Ceux qui pratiquent les gammes ME une heure développeront un syndrome de main forte / main faible ; habituellement, la main droite devient plus forte. L'objectif de ces exercices est d'établir ces mouvements et positions de main dans votre jeu de sorte qu'ils deviennent une partie permanente de la façon dont vous jouez n'importe quoi. C'est une technique de base. Ainsi, cela fait parties des quelques rares exercices qui doivent être répétés beaucoup de fois, chaque jour, jusqu'à ce que les mouvements et les positions deviennent habituels de sorte que vous n'ayez plys à y penser.

Il y a bien de manières d'enchaîner toutes les gammes, mais la plus simple et la plus intéressante est d'utiliser le cercle des quintes. Commencez par la tonalité de C, pratiquez-la plusieurs fois, passez alors à la tonalité de la quinte : G. Vous noterez qu'il a un dièse. Si vous passez à la quinte encore au dessus, vous aurez besoin de deux dièses, etc. ; avec chaque saut de quinte, vous devez ajouter un dièse. Évidemment, si déplacer vers le haut les quintes amène la tessiture trop haut pour le confort, descendez d'une octave. Ce qui est intéressant, c'est que quand vous ajoutez un dièse, vous gardez tous les dièses utilisés précédemment ; non seulement cela, mais l'ordre dans lequel ils apparaissent est identique à l'ordre dans lequel ils sont écrits sur la partition ! Le nombre maximum des dièses est atteint à la tonalité de B (5 dièses), et la prochaine est 6 bémols en Gb. Ces bémols diminuent avec les quintes successives, encore dans l'ordre, jusqu'à ce que vous reveniez à C. Ainsi le cercle des quintes vous fait passer par chaque gamme une fois et seulement une fois, d'une manière ordonnée, ce que vous voulez.

Notez que les touches noires fournissent quelques avantages spéciaux. Elles permettent le jeu avec des doigts plus plats. Vous pouvez noter une différence de maîtrise selon que les doigts sont courbés ou à plat. Les doigts plats peuvent fournir plus de maîtrise parce que vous abaissez simplement le doigt pour jouer ; avec un doigt courbé, vous devez abaisser le doigt et le tendre légèrement, ce qui est un mouvement plus complexe. Puisque le pouce ne joue jamais les touches noires, cela devient particulièrement facile quand les touches noires sont impliquées. Elles sont également plus étroites, exigeant une exactitude plus élevée. Le travail en gardant les doigts sur les touches est particulièrement facile quand il y a bon nombre de touches noires. Pratiquez la détente, particulièrement avec les doigts se reposant confortablement sur les touches. Avec les pianos électroniques, il est difficile de garder les doigts sur les touches sans les enfoncer par distraction ; c'est l'un des avantages des pianos acoustiques. Inutile de le dire, une technique correcte est essentielle à tout moment ; par exemple, faites autant attention quand vous soulevez les doigts que quand vous appuyez sur les touches, et expérimentez différtentes sonorités, différentes couleurs, et tout autre attribut du jeu musical. Ne jouez pas fort ; jouer plus doucement exige une plus grande maîtrise et est plus salutaire. La vitesse n'est pas autant le but que la production d'une gamme bien équilibrée, qui fonctionne bien en matière de force, de sonorité, de couleur, et de musicalité. Quand vous pourrez contrôler la musicalité, d'une manière satisfaisante, vous constaterez que la vitesse est déjà là parce que l'exactitude exigée pour la vitesse est moindre que la maîtrise exigée pour la musicalité. Travailler pour la vitesse sans musicalité est une bonne manière de commencer à ériger des murs de vitesse en raison de la débauche d'efforts. Cependant, il peut être très utile d'utiliser les ensembles parallèles pour doubler la vitesse de temps à autre pour voir quels types de mouvements sont nécessaire au niveau de vitesse au dessus. Il est également utile de faire travailler votre imagination pour produire les gammes musicales. Pour les gammes très lentes, elles pourraient ressembler à d'une armée en marche. Pour les gammes les plus rapides, elles ressemblent à l'effet Doppler du sifflet d'un train qui passe rapidemant.