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Dernière petite surprise de cette fin d’année 2016 avec Grand Media Blackout et cet album éponyme. Le groupe est français, ou plutôt franco-brésilien car le chanteur du groupe n’est autre que Gus Monsanto, que nous avons déjà entendu dans Adagio avec Stéfan Forté ou dans le projet Revolution Renaissance de Timo Tolkki. Autant le dire de suite, le chant de Gus illumine les compositions de cet album. Le reste du groupe est français, avec Charlie Fabert, par ailleurs principal compositeur, à la guitare, Philippe Dandrimont à la basse et Guillaume Pihet à la batterie. Le hard rock proposé par Grand Media Blackout est clairement vintage, inspiré des plus grands groupes des années 70, et en premier lieu Led Zeppelin. On parle ici de style vintage et d’inspiration des aînés, mais pas pour autant de plagiat honteux donc si vous êtes amateurs des aînés en questions vous serez certainement séduits par ce premier album. En parlant de Led Zeppelin, ce You Can’t Quit Rock ‘n’ Roll va forcément vous faire lever un sourcil (qui a crié Black Dog ?). La guitare de Charlie est excellente, les riffs de sa LesPaul massifs, la batterie de Guillaume très typée Bonham, la voix de Gus parfaitement en place dans le mix. On dirait qu’il a trouvé le style musical et le groupe à son goût et surtout à sa voix. Autre avantage de la formule, l’accent anglais de Gus est excellent, clairement un bon point pour le groupe qui peut se positionner à l’étranger sans aucun complexe.

Le morceau suivant surprend son monde car Drugs And Pills est un blues mid tempo, c’est surprenant mais excellent. La voix est bien mise en valeur, le tout rappelle pas mal du bon vieux Whitesnake. Le groupe se permet un break assez sympa dans lequel il bouscule les schémas classiques du blues et qui permet aussi à Charlie de poser un bon solo, très inspiré. On entend des nappes de claviers, mais personne n’en est crédité sur le carton de ma version promo. On continue de se faire surprendre par la diversité des morceaux de cet album, car Time For Revelation est une belle ballade qui met en valeur Philippe, grâce de belles lignes de basses. Une fois de plus le groupe prend tout le monde à contrepied avec un break dans lequel Charlie se prend pour Jimmy Page, jouant avec son Theremin dans Whole Lotta Love. Cette capacité à prendre tout le monde à contre-pied dans les breaks est une signature des compositions de cet album, et je trouve ça très plaisant.
Faith est un titre plus calme, plus en douceur, avec de bons chœurs féminins, ça sonne très hard FM américain, c’est bien fait, notamment les multiples solos de guitare de Charlie, tout en finesse. Avec Never Came Back Home, le groupe propose un morceau super groovy, avec encore des chœurs féminins, et un super solo. On reprend une petite dose de Led Zep avec l’excellent Downward Slope. Après une intro de guitare acoustique, le riff vient s’imposer, appuyé par une belle basse et un Gus tout en finesse. L’alternance de couplets calmes et quasi acoustiques et les pré-chorus puis les refrains plus agressifs rendent le morceau très original. Une fois de plus, le break totalement différent (planant ce coup-ci mais un poil trop long) donne une certaine profondeur et progressivité à l’ensemble.
La première partie de The Black Flash est un morceau instrumental qui permet à Charlie de montrer ses talents de guitariste, appuyé par sa section rythmique en béton (la basse qui suit la guitare note pour note est impressionnante). Le morceau s’enchaine avec la Part 2, chantée cette fois-ci, avec un Gus en grande forme et doublé par une très agréable voix féminine. Là encore, Charlie fait des étincelles dans son solo. J’aime assez bien les deux derniers morceaux aussi, même s’ils sont moins originaux. I'm Back (Crawling Up Again) s’écoute bien, le solo est encore assez magique et la fin est assez étrange. Holy Grail est une ballade blues, du genre irrésistible et universelle, qui puise son inspiration dans du bon Gary Moore. Ca le fait bien aussi et ça conclut l’album sur une note blues et mélancolique. C’est aussi le plus long morceau de l’album.

Au final, je n’avais pas prévu de faire de chronique cette semaine, déjà chargée par deux live reports et une interview, mais, en écoutant ce CD de Grand Media Blackout qui n’avait poutant attiré l’attention de personne dans l’équipe, j’ai eu un dernier coup de cœur de l’année que je me devais de vous faire partager. Du très bon hard rock classique, joué par de très bons musiciens, notamment Charlie à la gratte, et des compositions très agréables, le tout chanté par Monsieur Gus, une pointure du genre. Du tout bon quoi !

Tracklist de Grand Media Blackout :
01. You Can't Quit Rock N' Roll
02. Drugs And Pills
03. Time For Revelation
04. Faith
05. Never Came Back Home
06. Downward Slope
07. The Black Flask - Part 1
08. The Black Flask - Part 2
09. I'm Back (Crawling Up Again)
10. Holy Grail