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Régénération des organes : la voie vers l'immortalité ?

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100, 200, 300, 400 ? Combien de siècles souhaitez-vous vivre ? 

Les avancées spectaculaires de la recherche scientifique et technologique de ces dernières décennies sont en ce moment même en train de révolutionner la médecine. La médecine va changer de paradigme, passer d’une médecine qui traite les symptômes de nos maux à une médecine qui guéri, une médecine des causes. Une néo-médecine est train de naître.   

Quelques mots clés à retenir :

Médecine régénérative par les cellules souches, la thérapie cellulaire et l’ingénierie tissulaire, clonage thérapeutique, greffes d’organes artificiels et prothèses bionique, nanomédecine et NBIC, médecine et chirurgie robotisées et assistées par intelligence artificielle, thérapie génique, pharmacogénétique et médecine personnalisée … .

Les applications de ces technologies couvriront l’ensemble de la pratique médicale, du diagnostic prénatal jusqu’aux traitements curatifs des maladies, et avant même que les symptômes ne se déclarent.

Les progrès de la pharmacologie, mais également les progrès sanitaires, la lutte contre les infections microbiennes et l’agriculture industrielle ont permis l’allongement de la vie dans les pays développés. Bien que notre espérance de vie (environ 80-85 ans en Europe) augmente régulièrement, sont apparues des nouvelles maladies liées au vieillissement (diabète, Parkinson, Alzheimer, cancers …). A quoi bon vivre 100 ans ou plus si on passe des dizaines d’années avant la mort, dans la souffrance, de plus en plus diminué jusqu’à être impotent ? De plus, l’augmentation des dépenses de santé due aux traitements anti-symptomatiques promulgués à vie pour traiter ces maladies est devenue une charge intenable pour nos sociétés surendettées. Vivre le plus longtemps possible et en bonne santé est l’objectif que la néo-médecine doit atteindre, aussi bien pour le bien de l individu que pour celui  de la société.

Les avancées en médecine régénérative sont peut-être les plus prometteuses pour lutter contre les maladies liées du au vieillissement. Lorsqu’un membre d’un mammifère au stage fœtus est sectionné in utero, ce membre se reforme, il se régénère. Un nouveau-né ayant eu le bout d’un doigt sectionné (par accident) voit son doigt repousser exactement comme la patte ou la queue du lézard. Chez les mammifères, cette capacité de régénération naturelle décline très rapidement avec l’âge. L’enjeu de la médecine régénérative est de réveiller cette capacité de régénération, non seulement pour les membres, mais également pour les organes vitaux. Actuellement, deux approches sont explorées pour permettre à nos tissus et organes de se régénérer. La première consiste à transplanter des cellules souches issues du patient ou d’un donneur (thérapie cellulaire) dans le tissu ou l’organe lésé. Les cellules souches se multiplient localement, puis se transforment en cellules fonctionnelles (par exemple en cellules cardiaques suite à une crise cardiaque) et réparent donc le tissu lésée. La seconde est l’ingénierie tissulaire qui consiste à recréer en laboratoire des tissus voir un organe complet, puis de les transplanter dans l’organe lésée.

Est-ce que ces progrès spectaculaires nous mènerons vers l’immortalité ? Je ne m’avancerais pas pour faire des prédictions hasardeuses, mais certains scientifiques sont convaincus que la longévité humaine ne cessera d’augmenter.

Est-ce que cette longévité sera réservée qu’à une riche élite capable de se payer cette néo-médecine ? Ces technologies médicales de plus en plus sophistiqués et couteuses à développer sont et seront toujours dans un premier temps destinées à une franche de la population ayant les ressources nécessaires pour se les offrir. C’est la règle du jeu. Il faut l’accepter. Mais ces inventions sont très fortement sujettes aux économies d’échelle, par conséquent, les prix chuteront, ces inventions se démocratiseront et diffuseront rapidement à l’ensemble de la population à des prix accessibles. On peut donc prédire pour ces technologies le même destin que pour les biens électronique grand public tels que l’ordinateur personnel, ou le téléphone portable où à leur mise sur le marché seuls quelques privilégiés en avaient l’usage. Aujourd’hui, quasiment toute la planète est équipée d’un Smartphone !

Est-ce que dans un futur proche, on verra des fils d’attente devant un magasin à la déco « design » proposant le tout nouveau modèle de puce bioélectronique sous-cutané qui détecte et analyse en temps réel encore plus de paramètres physiologiques ?

Est-ce que les stratégies marketing s’appliqueront aussi aux organes artificiels ? Est-ce que ces organes seront sujets à l’obsolescence programmée poussant les biotechno-consommateurs à renouveler sans fin leurs équipements ? Est-ce qu’il y aura des cœurs artificiels low-cost, et des cœurs haut-de-gamme ? Est-ce que l’on pourra choisir la couleur de son cœur artificiels ?

Seul l’avenir nous le dira.