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L'huile qui blanchit les dents – et donne l'haleine fraîche - Santé Nature Innovation

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Les Indiens sont réputés pour avoir les dents blanches.

L’astuce du charbon de bois, qu’ils frottent contre leurs dents et leurs gencives, est connue.

Toutefois, il existe une autre pratique extrêmement ancienne de médecine traditionnelle indienne (Ayurveda) pour donner non seulement les dents blanches, mais aussi l’haleine fraîche et prévenir les caries.

Cette pratique, ce sont les bains de bouche d’huile, et la mode se répand actuellement aux Etats-Unis comme une traînée de poudre (« oil pulling »).

« C’est bon, c’est gluant, ça glisse entre les dents ! »

« Oil pulling » veut dire « tirage d’huile ». Cela consiste à prendre une cuillère à soupe d’huile ou de graisse dans la bouche, et de la faire circuler entre vos dents pendant 15 à 20 minutes.

Avec votre langue, vous « poussez », puis vous « tirez » l’huile en avant et en arrière de vos dents, d’où le nom « oil pulling ». À la fin, on crache, de préférence dans les toilettes pour éviter de boucher les canalisations du lavabo, puis on se brosse les dents normalement.

À ma connaissance, il n’existe pas encore de traduction intelligente en français de « oil pulling ». Les jeux sont ouverts, donc. C’est le moment pour vous de marquer la postérité en inventant l’expression qui sera demain dans toutes les bouches. Envoyez-moi vos propositions, je ferai connaître les meilleures à tous les lecteurs de Santé Nature Innovation !

Comment marche le « oil pulling » ?

Sur chacune de vos dents vivent 1000 à 100 000 bactéries – dans le cas où vous avez la bouche propre. Elles sont de milliers de catégories différentes, certaines étant bonnes pour la santé, d’autres non.

Les bactéries créent un « biofilm » sur les dents, une fine couche qui adhère à la surface. C’est ce qu’on appelle la « plaque dentaire ».

Il est normal d’avoir un peu de plaque, mais s’il y en a trop cela crée de multiples problèmes : mauvaise haleine, dents jaunes, inflammation de la gencive, caries.

Lorsque vous passez de l’huile sur vos dents, les bactéries se font emporter et se « dissolvent » dedans. Vous enlevez donc de grandes quantités de bactéries.

À force de passer entre vos dents, l’huile se mélange à la salive, devient blanche et mousseuse. N’hésitez pas à en cracher une partie si votre bouche est trop pleine.

Vous pouvez faire ça le matin ou le soir avant de vous coucher.

La meilleure huile

Mieux vaut choisir une huile végétale. Traditionnellement, les Indiens se servent d’huile de sésame, qui a bon goût, mais l’huile de noix de coco vierge est peut-être meilleure encore. Personnellement, je préfère son goût parfumé. Mais l’huile d’olive et l’huile de tournesol peuvent aussi faire l’affaire.

L’huile de noix de coco étant solide à température ambiante (jusqu’à 23°C), elle met quelques secondes à se liquéfier complètement dans la bouche. Elle a l’avantage d’être très riche en acide laurique, un triglycéride à chaîne moyenne (TCM) capable de détruire les virus, bactéries et levures [1] [2].

Une cuillère à soupe suffit, mais cela dépend des personnes. Au début, l’impression est un peu bizarre, mais on s’y habitue. Essayez avec différents types d’huile ou graisse, selon vos préférences.

Effets sur l’haleine

Concernant l’haleine, la pratique du « oil pulling » est souvent efficace mais pas toujours. Elle l’est d’autant plus qu’on se nettoie aussi régulièrement les interstices entre les dents avec un fil dentaire (ou un jet d’eau) et que l’on se brosse la langue.

Mais les problèmes de mauvaise haleine ne viennent pas toujours de la bouche. Lorsque vous mangez de l’ail par exemple, il faut savoir que l’allicine, le composé soufré qui donne l’odeur caractéristique, est digérée, passe dans le sang puis rejoint les alvéoles pulmonaires : l’odeur du souffle provient donc du fin fond des poumons à chaque respiration ! Le problème peut aussi venir de remontées acides de l’estomac.

Bon pour le cœur et les artères

Les personnes ayant beaucoup de mauvaises bactéries dans la bouche ont plus de risques d’artériosclérose, le durcissement des artères, en particulier dans le cou (artères carotides) [3]. Elles ont donc plus de risques cardiaques.

Mais beaucoup d’autres problèmes de santé sont associés à une bouche malsaine et envahie de bactéries : cela crée un environnement inflammatoire dans l’organisme qui peut même favoriser certains cancers : cancer du sang, cancer des reins et cancer du pancréas [4].

Meilleur que les bains de bouche chimiques

Cette pratique est à comparer aux bains de bouche chimiques à la chlorhexidine, un agent antimicrobien à usage médical contre les problèmes de gingivite (inflammation de la gencive).

Du point de vue des bienfaits contre la mauvaise haleine, la plaque dentaire, les maladies des gencives, et les bactéries provoquant les caries, les bains de bouche d’huile sont presque aussi efficaces que la chlorhexidine [5].

Mais ils ont aussi moins d’effets indésirables ! Le problème de la chlorhexidine est d’abord qu’elle risque de tacher les dents. Mais surtout, une étude récente a montré que des bains de bouche chimiques trop fréquents augmentent le risque de cancer de la bouche et de la gorge [6], probablement parce qu’ils détruisent toutes les bactéries, y compris les bonnes.

Ce que vous pouvez espérer en pratiquant le oil pulling

Au bout de 10 jours seulement de cette pratique :

  • vous aurez une sensation de fraîcheur durable dans la bouche ;
  • vos dents paraîtront plus saines, plus blanches et plus brillantes ;
  • vos irritations, saignements, inflammations des gencives auront diminué ;
  • vous réduirez fortement le nombre de bactéries pathogènes dans votre bouche ;
  • vous diminuerez votre risque de caries.

Attention, je rappelle que cette pratique ne remplace pas le brossage des dents. Elle ne remplace pas non plus le fil dentaire, ou le jet dentaire si vous en avez un (le jet dentaire permet de nettoyer les interstices entre les dents, là où ne passent pas les poils de la brosse).

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

Sources de cet article :

[6] Oral Oncology March 28 2014 doi.org/10.1016/j.oraloncology.2014.03.001